Par Franck Fournier & Cécile Fournier
· coachs professionnels · psychopraticiens certifiés · mis à jour le 10 juin 2026
L’envie de créer son entreprise est là, parfois depuis des années, et le pas n’est jamais franchi. Ce qui retient n’est presque jamais le business plan : c’est la peur, la question de la légitimité, le regard des proches, le rapport au risque. Cet article aide à démêler le projet réel des freins intérieurs, et à construire un passage, pas un saut dans le vide.

Ce que cet article vous aide à faire :
- Distinguer le vrai projet de la simple envie de fuir votre poste actuel.
- Désamorcer les freins intérieurs, peur, légitimité, regard des autres.
- Construire votre passage vers l’entrepreneuriat, étape par étape.
Si ce projet vous habite, un premier échange de 15 minutes, gratuit et sans engagement, permet d’y voir plus clair, prendre rendez-vous.
L’idée qui revient, et le pas qui ne vient pas
C’est le dimanche soir que l’idée revient le plus fort. Demain, la réunion d’équipe, les tableaux à remplir, le métier que vous faites bien mais qui ne vous fait plus rien. Et cette pensée, encore : « et si je me lançais ? »
Vous y pensez depuis combien de temps, deux ans, cinq ans ? Vous avez un dossier quelque part : des notes, des chiffres, peut-être un nom. Vous l’ouvrez, vous le refermez. Chaque fois, la même voix : « ce n’est pas le bon moment. »
Le corps connaît la suite : l’enthousiasme qui monte en imaginant, puis le ventre qui se serre en pensant au crédit de la maison, aux enfants, à ce que dirait votre père. Alors vous rangez l’idée, jusqu’au prochain dimanche.
Vous ne l’avez peut-être jamais formulé ainsi : vous n’avez pas un problème de projet, vous avez un conflit intérieur, entre l’envie qui insiste et la peur qui veille. Et ce conflit-là ne se règle pas avec un tableur.
On croit que créer son entreprise, c’est sauter dans le vide, et on attend d’être assez courageux pour sauter. Mais les créateurs qui durent ne sautent pas : ils construisent un pont, pierre après pierre, compétences, épargne, premiers clients, soutiens, et le traversent quand il porte. Le courage n’est pas la condition du départ : c’est la méthode qui rend le départ possible.
Imaginez-vous dans deux ans : non pas en train de rêver encore, ni d’avoir tout risqué sur un coup de tête, mais en train de traverser votre pont, à votre rythme, avec des appuis solides. C’est ce chemin que nous décrivons ici.
Qu’est-ce qui retient vraiment ?
Les dispositifs d’aide à la création, CCI, exonations, formations, traitent le dossier. Mais ce qui bloque, le plus souvent, ne figure dans aucun dossier. Les travaux d’Albert Bandura sur le sentiment d’efficacité personnelle l’éclairent : ce qui détermine le passage à l’action, ce n’est pas la compétence réelle, c’est la croyance qu’on a en sa capacité d’agir. Et cette croyance se travaille.
| Ce que vous vivez | Ce que cela signale, et le besoin |
|---|---|
| L’idée qui revient depuis des années, malgré tout | Un projet qui insiste, besoin de l’examiner sérieusement, pas de le ranger encore |
| La peur de tout perdre, maison, sécurité, statut | Un rapport au risque à clarifier, besoin de sécuriser le passage par étapes |
| « Qui suis-je pour faire ça ? » | La question de la légitimité, besoin de séparer vos capacités réelles de la voix qui doute |
| Un entourage sceptique, « tu as un bon poste, reste » | Des loyautés qui pèsent, besoin d’appuis choisis, pas de permissions |
| Le business plan repoussé, refait, jamais fini | Une peur déguisée en perfectionnisme, besoin de la nommer pour qu’elle lâche |
Une précision qui compte : la peur n’est pas l’ennemie. Elle dit que le projet est sérieux et que l’enjeu est réel. Le but n’est pas de ne plus avoir peur, c’est que la peur cesse de décider à votre place.
Notre façon d’accompagner, trois temps
Nous n’écrivons pas de business plan et ne validons pas de modèle économique, c’est le métier des réseaux d’accompagnement à la création et de l’expert-comptable. Nous accompagnons la personne qui crée : son désir, ses freins, sa posture. Trois temps.
Clarifier le désir. Que cherche ce projet, vraiment : créer, ou fuir ? Un projet porté par une envie propre survit aux difficultés ; un projet qui n’est qu’une échappatoire au poste actuel s’effondre à la première. On démêle les deux, et parfois on découvre que les deux sont vrais, ce qui se travaille aussi.
Désamorcer les freins intérieurs. La voix du « qui suis-je pour ça ? », le rapport à l’argent et à l’échec hérité de l’histoire familiale, le besoin de permission. C’est le cœur du travail de psychopraticien : ces freins ont une histoire, et ce qui a une histoire peut se réécrire.
Construire le pont. Côté coach : transformer le saut en passage, jalons, scénarios de sécurité, premiers pas testables sans tout quitter, posture d’entrepreneur à installer. Et préparer l’entourage : annoncer un projet n’est pas demander la permission.
Pour illustrer ce cheminement, prenons l’exemple d’une créatrice que nous avons accompagnée
Estelle, « je viens pour qu’on me dise si je suis capable »
Estelle, 38 ans, cadre qualité dans l’agroalimentaire. Son projet, un cabinet de conseil indépendant, dort dans un classeur depuis quatre ans. Elle arrive en disant : « je viens pour qu’on me dise si je suis capable. »
De mon côté, Cécile, je remarque d’abord ce que sa phrase contient : elle ne demande pas si le projet est viable, elle demande une permission. Je lui propose de regarder d’où vient ce besoin. On y trouve une histoire familiale où la sécurité était sacrée, et une phrase de son père, jamais oubliée : « les indépendants, ça finit toujours mal. »
Nous travaillons cette croyance comme on examine une vieille carte routière : elle décrivait peut-être le monde de son père ; décrit-elle le sien ? Estelle fait la liste de ce qui, dans sa situation réelle, compétences reconnues, réseau, épargne, conjoint en CDI, ressemble ou non au scénario redouté. La carte et le territoire ne coïncident plus.
Puis je lui fais faire l’exercice du pont, en séance : dessiner les pierres qui manquent entre aujourd’hui et son premier client, pas « devenir courageuse », mais des pierres concrètes : une mission test en parallèle de son poste, un statut simple, trois conversations avec des indépendants de son secteur. Elle regarde son dessin et dit : « en fait, je peux commencer sans rien lâcher. » Sa respiration change.
Elle pose sa première pierre le mois suivant, une mission le samedi matin. Six mois plus tard, elle négocie un temps partiel ; l’année d’après, elle franchit le pont. Il y a eu des creux, un client perdu, un trimestre difficile, et elle est toujours là, à son compte.
Le principe que son histoire illustre : on ne devient pas créateur en attendant que la peur parte, on le devient en posant des pierres assez concrètes pour que la peur n’ait plus le dernier mot.
Situation représentative · prénoms et détails modifiés
Pour qui, et avec quelles limites
Le principe : le passage à l’entrepreneuriat se joue autant dans la personne que dans le projet, clarifier le désir, désamorcer les freins, construire le pont.
Cet accompagnement s’adresse à celles et ceux qui portent un projet de création ou de reprise, qu’il soit encore flou ou déjà chiffré, et qui sentent que ce qui bloque n’est pas dans le dossier. Il se mène à Montargis ou en téléconsultation.
Ses limites sont nettes : nous ne validons pas un modèle économique, nous ne remplissons pas un dossier de financement, ces volets relèvent des réseaux de création d’entreprise, de votre expert-comptable et de votre banque. Notre travail rend ces démarches possibles ; il ne s’y substitue pas.
Un premier pas, ce soir. Écrivez cinq fois la phrase « Je veux créer… parce que… », avec cinq raisons différentes. Les premières seront les raisons officielles ; les dernières, souvent, disent le vrai moteur. C’est avec celles-là que le travail commence.
Et si vous n’aviez pas à sauter ?
Et si la question n’était pas « suis-je assez courageuse, assez courageux ? » mais « quelle est la prochaine pierre de mon pont ? » Et si l’idée qui revient depuis des années n’était pas une lubie, mais une direction qui attend sa méthode ?
Clarifier. Désamorcer. Construire, pierre après pierre.
Questions fréquentes
Est-ce normal d’avoir aussi peur ?
Oui, et c’est plutôt bon signe : la peur dit que l’enjeu est réel et que vous prenez le projet au sérieux. Le problème n’est pas d’avoir peur, c’est de laisser la peur décider seule. Le travail consiste à la remettre à sa place : celle d’une conseillère prudente, pas d’un juge.
Vrai projet ou envie de fuir mon poste : comment savoir ?
Un test simple : imaginez votre poste actuel devenu idéal, bon manager, missions intéressantes. L’envie de créer survit-elle ? Si oui, le projet a son moteur propre. Si elle s’éteint, c’est le poste qu’il faut traiter d’abord. En séance, on affine ce démêlage, les deux vérités coexistent souvent.
Je ne me sens pas légitime : ça se travaille ?
Oui. Le sentiment d’imposture ne reflète pas vos compétences, il reflète l’écart entre ce que vous faites et ce que vous croyez avoir le droit de faire. On travaille l’origine de cette voix (histoire, loyautés familiales) et, en parallèle, l’expérience concrète : chaque petite réussite testée nourrit le sentiment d’efficacité personnelle décrit par Bandura.
Et si j’échoue ?
La question mérite mieux qu’une formule rassurante. On la travaille concrètement : que se passerait-il vraiment ? Quelles sécurités pouvez-vous construire avant de partir, épargne, temps partiel, retour possible au salariat ? Un échec préparé n’est pas une chute : c’est un scénario parmi d’autres, avec son plan.
Quelle différence avec un accompagnement CCI ou un incubateur ?
Ils sont complémentaires : les réseaux de création traitent le projet, statut, financement, marché ; nous traitons le créateur, désir, peurs, légitimité, posture. Beaucoup de projets bien ficelés ne démarrent jamais faute du second volet ; l’idéal est de mener les deux de front.
Les séances se font-elles à Montargis ou à distance ?
Les deux. Nous recevons au cabinet, 39 avenue du Général de Gaulle à Montargis, et en téléconsultation, en France comme à l’international. La première séance, de 15 minutes, est offerte et sans engagement.
Franck Fournier
coach professionnel · psychopraticien certifié
Ancien cadre et dirigeant pendant trente ans, il connaît de l’intérieur ce que créer, développer et diriger exigent, et ce que le passage à l’indépendance remue. Psychopraticien certifié & coach professionnel, cofondateur de l’Institut Self Attitude à Montargis. Formé chez Symbiofi (approche fondée sur les preuves, CHU de Lille), à l’Institut Paul Pyronnet et à l’École Lionnel Calderini. En savoir plus →
Cécile Fournier
coach professionnelle · psychopraticienne certifiée
Psychopraticienne certifiée, thérapeute & experte en ingénierie pédagogique, cofondatrice de l’Institut Self Attitude. Formée aux Sciences de l’Éducation, elle ancre ses accompagnements dans la psychoéducation, comprendre ses freins pour devenir acteur de son projet. Formée chez Symbiofi (CHU de Lille), à l’Institut Paul Pyronnet et à l’AFPRA. En savoir plus →
Cet accompagnement ne se substitue pas à un avis ou à un traitement médical, ni à un conseil juridique, comptable ou financier. En cas de détresse aiguë, adressez-vous à un professionnel de santé ou aux services d’urgence (15, ou 3114 pour la prévention du suicide).
Et si vous commenciez par un simple échange ?
Si votre projet d’entreprise attend depuis trop longtemps, parlons-en. Un premier échange aide à distinguer ce qui relève du dossier, et ce qui relève de vous.
15 min offertes · sans engagement · Montargis ou visio
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