Par Franck Fournier & Cécile Fournier
· coachs professionnels · psychopraticiens certifiés · mis à jour le 10 juin 2026
Un licenciement brutal n’est pas qu’un changement de situation administrative : c’est parfois un choc qui ébranle l’identité, la confiance et le sentiment de valeur. Cet article aide à comprendre pourquoi cela fait si mal, à traverser le deuil professionnel sans s’y enfermer, et à se reconstruire, sans précipitation ni faux optimisme.

Ce que cet article vous aide à faire :
- Comprendre pourquoi un licenciement peut faire l’effet d’un séisme, et pourquoi ce n’est pas « exagéré ».
- Traverser les étapes du deuil professionnel, à votre rythme.
- Reconstruire votre confiance et préparer la suite, sans vous précipiter.
Si vous venez de vivre cela, un premier échange de 15 minutes, gratuit et sans engagement, permet d’y voir plus clair, prendre rendez-vous.
Le jour où le sol s’est dérobé
Un mardi matin, une convocation. Une demi-heure d’entretien, des mots qu’on n’entend qu’à moitié, « réorganisation », « suppression de poste ». Puis le couloir, le carton, le badge rendu à l’accueil.
Dans la voiture, vous restez assis sans démarrer. Des années de travail tiennent dans un carton sur le siège passager, et une question tourne déjà : « qu’est-ce que je vais dire ce soir, à la maison ? »
Les jours suivants, le corps parle : le réveil qui sonne dans une journée vide, l’appétit qui s’en va, la scène de l’entretien qui repasse en boucle la nuit. Et cette honte sourde qui fait éviter les appels des amis, baisser les yeux à la boulangerie, repousser le moment d’en parler.
Vous ne l’avez peut-être dit à personne, mais il y a aussi cette pensée qui fait peur : « si on a pu se passer de moi, c’est peut-être que je ne valais pas grand-chose. » Posons-le d’emblée : cette pensée est un symptôme du choc, pas une vérité sur vous.
On croit qu’il faut « rebondir » tout de suite : refaire son CV dès le lendemain, postuler partout, ne surtout pas s’écouter. Mais un licenciement brutal est une blessure, pas un simple changement d’agenda, et personne n’exige d’un coureur qu’il reparte sprinter sur une entorse. Prendre le temps d’accuser le coup n’est pas de la faiblesse : c’est ce qui permet, ensuite, de reprendre pied pour de bon.
Imaginez pouvoir repenser à cette période en vous disant : « ça m’a secoué, mais ça ne m’a pas défini. » Retrouver des nuits complètes, une parole libre sur ce qui s’est passé, et une suite professionnelle choisie plutôt que subie. C’est ce chemin que nous décrivons ici.
Pourquoi ça fait si mal ? Ce qui se joue vraiment
Perdre son emploi, ce n’est pas seulement perdre un salaire. C’est perdre d’un coup une place, un rôle, des collègues, un rythme, et parfois une part de l’image de soi construite pendant des années. Dès 1967, les travaux de Holmes et Rahe sur les événements de vie classaient la perte d’emploi parmi les expériences les plus éprouvantes qu’un adulte puisse traverser, aux côtés des deuils et des séparations.
Mettre des mots sur ce que vous vivez aide à reprendre prise. Voici les réactions les plus fréquentes, et ce qu’elles signalent.
| Ce que vous vivez | Ce que cela signale, et le besoin |
|---|---|
| Sidération, scène de l’annonce qui repasse en boucle | Un choc encore « non digéré », besoin de le mettre en récit pour qu’il se range |
| Honte, évitement des proches et des anciennes relations | Une identité blessée, besoin de séparer votre valeur de votre statut |
| Colère contre l’entreprise, sentiment de trahison | Une injustice à reconnaître, besoin qu’elle soit entendue sans vous consumer |
| Peur de l’avenir, nuits hachées, ruminations financières | Une sécurité ébranlée, besoin de reprendre pied par étapes concrètes |
| Perte d’élan, sentiment d’inutilité, journées sans structure | Le deuil d’un rôle, besoin de redéfinir sa place, pas de la mendier |
Toutes ces réactions sont des réponses normales à un événement anormal dans une vie professionnelle. Elles ne disent rien de votre solidité. Ce qui compte, c’est qu’elles puissent se traverser, et ne pas s’installer en silence pendant des mois.
Notre façon d’accompagner, trois temps
Notre accompagnement ne remplace ni le conseil juridique sur le cadre du licenciement (contestation, négociation, prud’hommes) ni l’accompagnement au retour à l’emploi de France Travail ou d’un cabinet d’outplacement. Il s’occupe de la personne, celle qui doit encaisser, se relever, puis repartir. Trois temps.
Accuser réception du choc. On commence par mettre en récit ce qui s’est passé : l’annonce, les circonstances, ce qui a été le plus violent pour vous. Quand l’événement a laissé des traces qui s’apparentent à un vécu traumatique, images intrusives, hypervigilance, évitements, des approches comme l’EMDR, recommandé par l’OMS (2013) pour le stress post-traumatique, peuvent être mobilisées, avec la nuance qui s’impose : tout licenciement n’est pas un traumatisme, mais certains le deviennent.
Séparer ce qui s’est passé de ce que vous valez. On relit le parcours : ce qui appartient à la conjoncture, aux choix de l’entreprise, aux jeux d’organisation, et ce qui vous appartient vraiment, compétences, réussites, manière de travailler. Ce tri, fait posément, fait reculer la honte et rend à la colère sa juste place : celle d’un signal, pas d’un poison.
Reprendre pied et préparer la suite. Retrouver une structure de journées, un sommeil, une parole assumée sur son licenciement, puis travailler le projet : reprendre un poste comparable, bifurquer, entreprendre. La suite se choisit mieux quand elle ne se décide ni dans la panique ni dans la revanche.
Pour illustrer ce cheminement, prenons l’exemple d’un cadre que nous avons accompagné
Stéphane, le réveil encore réglé à 6 h, trois mois après
Stéphane, la cinquantaine, vingt-trois ans dans la même entreprise, directeur commercial. Un plan de réorganisation, et tout s’arrête en six semaines. Quand il arrive au cabinet, trois mois ont passé : il met encore son réveil à 6 h 30, s’habille comme pour partir au bureau, et passe ses journées à tourner en rond, sans l’avoir dit à sa femme.
De mon côté, Franck, j’ai dirigé des équipes pendant trente ans : je sais ce qu’un poste comme le sien représente, et ce que son retrait arrache. Ce que je vois n’est pas un homme « qui ne s’en remet pas » : c’est un homme dont le sol s’est dérobé, et qui s’épuise à faire comme si de rien n’était. La première chose que je lui propose, c’est de cesser de jouer la normalité, et de raconter, enfin, le mardi de l’annonce.
Le récit fait remonter ce qui bloquait : pas la perte du salaire, mais une phrase de son directeur général, « ton poste n’a plus de sens dans la nouvelle organisation ». Stéphane l’avait entendue comme : « tu n’as plus de sens. » Nous travaillons précisément ce point : ce que la phrase disait de l’organisation, et ce qu’elle ne disait pas de lui.
Puis vient un exercice que je lui fais faire en séance : deux colonnes sur une feuille. À gauche, ce qui appartient à l’entreprise et à la conjoncture, le rachat, la fusion des directions, les choix budgétaires. À droite, ce qui lui appartient, les équipes formées, les marchés ouverts, sa manière de tenir une relation client. Il remplit la colonne de gauche facilement. Devant celle de droite, il reste d’abord stylo en l’air, puis il écrit, et quelque chose se détend dans ses épaules.
Les semaines suivantes, nous remettons de la structure : des journées avec un cap, le sommeil qui revient, la conversation enfin posée avec sa femme, qui avait compris depuis longtemps, et attendait qu’il en parle. Le projet professionnel, lui, n’arrive qu’après : il choisit de ne pas rechercher un poste identique, et s’oriente vers des missions de direction commerciale de transition.
Le principe que son histoire illustre : on ne repart pas en faisant semblant d’être indemne. On repart quand on a fait le tri entre ce qu’on vous a fait et ce que vous êtes, c’est là que le sol redevient porteur.
Situation représentative · prénoms et détails modifiés
Pour qui, et avec quelles limites
Le principe : un licenciement brutal se traverse en trois mouvements, accuser réception du choc, séparer l’événement de sa valeur, puis reconstruire la suite. Sauter le premier pour courir au troisième, c’est repartir sur une cheville foulée.
Cet accompagnement s’adresse à celles et ceux qui viennent d’être licenciés, ou qui l’ont été il y a des mois et sentent que « quelque chose ne passe pas » : rumination, honte, perte d’élan, difficulté à se projeter. Il se mène à Montargis ou en téléconsultation.
Ses limites sont nettes : nous ne sommes ni avocats ni conseillers juridiques, la contestation du licenciement et la négociation relèvent d’un conseil dédié, et les démarches d’indemnisation de France Travail. Et si l’épreuve s’accompagne d’un effondrement ou d’idées noires, c’est une urgence : médecin, 15, ou 3114.
Un premier pas, ce soir. Prenez une feuille, deux colonnes. À gauche : ce que ce licenciement dit de l’entreprise et de la conjoncture. À droite : ce qu’il dit, ou non, de vous, de vos compétences, de ce que vous avez construit. Ne forcez rien ; remplissez ce qui vient. C’est le premier geste du tri qui rend le sol porteur.
Et si ce licenciement ne disait rien de votre valeur ?
Et si ce qui vous est arrivé parlait d’une organisation, d’une conjoncture, de choix qui vous ont échappé, et non de ce que vous valez ? Et si cette période, une fois traversée, devenait le moment où vous avez choisi votre suite au lieu de la subir ?
Encaisser. Reprendre pied. Repartir, sans faire semblant d’être indemne.
Questions fréquentes
Est-ce normal d’être autant affecté par un licenciement ?
Oui. La perte d’emploi figure parmi les événements de vie les plus éprouvants identifiés par la recherche (Holmes et Rahe, 1967) : elle touche à la fois la sécurité matérielle, l’identité et le lien social. Être secoué n’est pas un manque de solidité, c’est une réaction humaine à une perte réelle.
Combien de temps faut-il pour s’en remettre ?
Il n’y a pas de durée normale : cela dépend de la brutalité de l’annonce, de l’ancienneté, du contexte familial et financier, et de ce que le travail représentait pour vous. Ce qui doit alerter, ce n’est pas la durée en soi, mais l’enlisement : quand, après plusieurs mois, la honte, la rumination ou le retrait s’installent au lieu de s’alléger.
Faut-il retrouver un poste au plus vite ?
La pression à « rebondir » immédiatement pousse parfois à accepter n’importe quoi, et à revivre la même histoire ailleurs. Entre la précipitation et l’enlisement, il existe un rythme juste : accuser le coup, faire le tri, puis chercher. Quelques semaines de reconstruction font souvent gagner du temps sur la suite.
Un licenciement peut-il être vécu comme un traumatisme ?
Tout licenciement n’est pas traumatique, mais certains le deviennent : annonce brutale ou humiliante, escorte vers la sortie, fin d’une très longue histoire. Des signes comme les images intrusives, l’hypervigilance ou l’évitement s’en rapprochent ; des approches dédiées au vécu traumatique, comme l’EMDR (recommandé par l’OMS pour le stress post-traumatique), peuvent alors faire partie de l’accompagnement.
Coaching ou thérapie : de quoi ai-je besoin ?
Les deux registres se complètent, et c’est l’intérêt de notre double posture : un temps pour réparer ce que le choc a abîmé, estime, sommeil, confiance, un temps pour construire la suite, projet, posture, retour vers l’emploi. Le premier échange sert justement à situer où vous en êtes.
Les séances se font-elles à Montargis ou à distance ?
Les deux. Nous recevons au cabinet, 39 avenue du Général de Gaulle à Montargis, et en téléconsultation, en France comme à l’international. La première séance, de 15 minutes, est offerte et sans engagement.
Franck Fournier
coach professionnel · psychopraticien certifié
Ancien cadre et dirigeant pendant trente ans, il a connu les réorganisations des deux côtés de la table, et sait ce qu’un licenciement fait à une identité professionnelle. Psychopraticien certifié & coach professionnel, cofondateur de l’Institut Self Attitude à Montargis. Formé chez Symbiofi (approche fondée sur les preuves, CHU de Lille), à l’Institut Paul Pyronnet et à l’École Lionnel Calderini. En savoir plus →
Cécile Fournier
coach professionnelle · psychopraticienne certifiée
Psychopraticienne certifiée, thérapeute & experte en ingénierie pédagogique, cofondatrice de l’Institut Self Attitude. Formée aux Sciences de l’Éducation, elle ancre ses accompagnements dans la psychoéducation, comprendre ce qu’un choc professionnel met en mouvement pour redevenir acteur de sa trajectoire. Formée chez Symbiofi (CHU de Lille), à l’Institut Paul Pyronnet et à l’AFPRA. En savoir plus →
Cet accompagnement ne se substitue pas à un avis ou à un traitement médical, ni à un conseil juridique. En cas de détresse aiguë, adressez-vous à un professionnel de santé ou aux services d’urgence (15, ou 3114 pour la prévention du suicide).
Et si vous commenciez par un simple échange ?
Si un licenciement vous a coupé les jambes, parlons-en. Un premier échange aide à poser ce qui s’est passé, et à entrevoir la suite.
15 min offertes · sans engagement · Montargis ou visio
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