Entreprise en difficulté : tenir le cap

Par Franck Fournier & Cécile Fournier
· coachs professionnels · psychopraticiens certifiés · mis à jour le 10 juin 2026

En bref

Quand l’entreprise va mal, trésorerie tendue, client perdu, dettes qui s’accumulent, le dirigeant encaisse en silence : honte, nuits blanches, décisions repoussées. Cet article s’adresse à la personne derrière le bilan : sortir de l’apnée, s’entourer des bons relais à temps, et traverser, quelle que soit l’issue, sans s’y perdre.

Entreprise en difficulté : Mains tenant la barre d'un voilier, mer calme et ciel qui se dégage après la tempête

Ce que cet article vous aide à faire :

  • Souffler, sortir de l’apnée pour retrouver une tête qui décide.
  • Vous entourer des bons relais, au bon moment, avant qu’il ne soit tard.
  • Traverser sans confondre votre valeur avec votre bilan.

Si vous traversez cela, un premier échange de 15 minutes, gratuit et sans engagement, permet d’y voir plus clair, prendre rendez-vous.

Des mois à retenir sa respiration

Le 5 du mois approche, et vous connaissez le solde du compte par cœur. Vous avez déjà fait les calculs dix fois : les salaires passent, mais l’URSSAF attendra. Encore.

Au bureau, vous donnez le change : sourire aux équipes, « ça va reprendre » aux fournisseurs. À la maison, vous parlez d’autre chose. La nuit, vous refaites les mêmes additions, et le sommeil ne vient qu’à force d’épuisement.

Il y a le courrier que vous n’ouvrez plus le jour même. Le téléphone que vous laissez sonner quand le numéro commence comme celui de la banque. Et cette sensation physique, permanente : une poitrine comprimée, comme si vous reteniez votre respiration depuis des mois.

Vous ne l’avez dit à personne, parce qu’un patron « qui tient » ne se plaint pas, et parce que des familles entières dépendent de vos décisions. Alors vous portez tout : les chiffres, les salaires, et la honte de ne plus y arriver.

On croit qu’il faut tenir en apnée jusqu’à ce que ça passe, que relâcher une seconde, c’est couler. Mais aucun plongeur ne résout quoi que ce soit en apnée : pour agir sous l’eau, il faut d’abord remonter respirer. Reprendre son souffle n’est pas abandonner le navire, c’est la condition pour prendre, enfin, les décisions que la situation exige.

Imaginez aborder les trois prochains mois avec une tête claire, des relais compétents à vos côtés, et des décisions prises, même difficiles, plutôt que subies. C’est ce chemin que nous décrivons ici.

Ce que les difficultés font au dirigeant, et ce dont il a besoin

La souffrance des chefs d’entreprise en difficulté est aujourd’hui reconnue et prise au sérieux : le dispositif APESA, né en 2013 au tribunal de commerce de Saintes, propose ainsi un soutien psychologique d’urgence aux dirigeants en détresse, sur signalement des greffes et des professionnels du droit. Ce que vous vivez a un nom, et des réponses.

Ce que vous vivezCe que cela signale, et le besoin
La trésorerie qui occupe chaque pensée, jour et nuitUne hypervigilance qui épuise, besoin de souffler pour retrouver le discernement
La honte devant les salariés, la famille, les pairsUne identité fondue dans l’entreprise, besoin de séparer votre valeur de votre bilan
Personne à qui dire la situation complèteUn isolement dangereux, besoin de relais sûrs, humains et techniques
Courriers non ouverts, décisions repousséesL’évitement qui protège, et aggrave, besoin de regarder en face, accompagné
Des pensées sombres certains soirsUne urgence, médecin, 15 ou 3114 immédiatement ; rien ne vaut votre vie

Un repère essentiel : plus les difficultés se traitent tôt, plus les options restent ouvertes, c’est vrai pour les procédures préventives comme pour la personne. L’évitement est le seul scénario qui ferme toutes les portes.

Notre façon d’accompagner, autour des bons relais

Disons-le clairement : le redressement économique relève de votre expert-comptable, de vos conseils et, si besoin, des dispositifs du tribunal de commerce, mandat ad hoc, conciliation, sauvegarde, conçus pour intervenir avant la cessation de paiements. Notre accompagnement soutient la personne, en parallèle. Trois temps.

1

Remonter respirer. Réguler le stress aigu, restaurer un minimum de sommeil, sortir de la sidération ou de l’agitation stérile. Une tête en apnée prend des décisions de survie immédiate ; une tête qui respire retrouve la vision à trois mois, celle dont la situation a besoin.

2

Regarder en face, et oser les relais. Mettre la situation complète à plat, souvent pour la première fois. Puis vous aider à solliciter tôt les bons interlocuteurs, expert-comptable, avocat, tribunal de commerce, malgré la honte et la peur. Nous ne nous substituons pas à eux : nous vous aidons à franchir leur porte pendant qu’il est encore temps.

3

Traverser, et préparer l’après. Redressement, cession, parfois liquidation : quelle que soit l’issue, vous existez au-delà d’elle. On travaille à décoller votre valeur de votre bilan, à protéger votre famille et votre santé pendant la traversée, et à préparer le rebond, car il y en a un.

Pour illustrer ce cheminement, prenons l’exemple d’un dirigeant que nous avons accompagné

Étude de cas

Patrice, le client qui pesait 40 % vient de partir

Patrice dirige une entreprise de transport, dix-huit salariés, reprise il y a quinze ans. Son principal client, quarante pour cent de l’activité, vient de partir. Quand il arrive au cabinet, envoyé par son épouse, il n’a pas ouvert son courrier professionnel depuis trois semaines.

De mon côté, Franck, j’ai connu en trente ans de direction ces périodes où les chiffres tombent plus vite que les solutions. Ce que je vois n’est pas un gestionnaire défaillant : c’est un homme en apnée depuis des mois, qui gère l’angoisse, en évitant, au lieu de gérer la situation. Ce n’est pas une faute de caractère ; c’est ce que le stress aigu fait à n’importe quel cerveau.

Les premières séances servent à remonter à la surface : des nuits qui se réparent un peu, des techniques simples pour couper les ruminations, et un constat posé à voix haute, les mots « dépôt de bilan », prononcés enfin, font moins peur que leur fantôme.

Puis je lui fais faire un exercice en séance : écrire les trois scénarios, du pire au meilleur, et, sous chacun, ce qui resterait de lui : ses compétences, sa famille, sa santé, son histoire. Devant le pire scénario, il écrit lentement, puis lève les yeux : « même là, je ne disparais pas. » À partir de cette séance, il répond au téléphone.

La suite s’est jouée là où elle devait se jouer : avec son expert-comptable et un avocat, il sollicite tôt une procédure préventive, négocie avec ses créanciers, cède une partie de la flotte. L’entreprise est sortie réduite, douze salariés, mais debout. Et lui aussi : fatigué, mais plus en apnée.

Le principe que son histoire illustre : on ne sauve rien en apnée. Respirer d’abord, s’entourer tôt, décider ensuite, c’est dans cet ordre que les traversées réussissent.

Situation représentative · prénoms et détails modifiés

Pour qui, et avec quelles limites

Le principe : dans la tourmente économique, la première ressource à protéger est le dirigeant lui-même, son souffle, son discernement, sa capacité à s’entourer.

Cet accompagnement s’adresse aux dirigeants, artisans et indépendants dont l’activité traverse une zone rouge, ou qui sortent d’une liquidation et doivent se reconstruire. Il se mène à Montargis ou en téléconsultation.

Ses limites sont nettes : nous ne sommes ni experts-comptables, ni avocats, ni mandataires, le traitement économique et juridique des difficultés relève de ces professionnels et des dispositifs du tribunal de commerce. Et si la détresse devient aiguë, c’est une urgence : médecin, 15, 3114, ou le dispositif APESA, pensé pour les chefs d’entreprise.

Un premier pas, ce soir. Ouvrez le courrier en retard, pas pour tout traiter, seulement pour savoir. Classez en trois piles : urgent, important, peut attendre. L’apnée se nourrit du flou ; chaque enveloppe ouverte rend un peu de souffle.

Et si vous n’étiez pas votre bilan ?

Et si la honte qui vous fait éviter les regards n’était pas la preuve d’une faute, mais le symptôme d’un homme ou d’une femme qui a tout donné ? Et si, même dans le pire scénario, l’essentiel, vos compétences, vos proches, votre histoire, restait debout avec vous ?

Respirer. S’entourer. Traverser, sans s’y perdre.

Questions fréquentes

À qui parler quand l’entreprise va mal ?

Sur le plan technique : votre expert-comptable d’abord, puis un avocat et, tôt, le tribunal de commerce, ses procédures préventives (mandat ad hoc, conciliation) sont conçues pour intervenir avant qu’il ne soit trop tard. Sur le plan humain : un espace confidentiel comme le nôtre, ou le dispositif APESA en cas de détresse aiguë. L’erreur la plus coûteuse est de ne parler à personne.

J’ai honte, est-ce normal ?

C’est la réaction la plus partagée chez les dirigeants en difficulté, et la plus toxique, car elle pousse à se cacher au moment où il faudrait s’entourer. La honte confond deux choses : un résultat économique, qui dépend de mille facteurs, et votre valeur de personne, qui n’en dépend pas. Ce démêlage est au cœur du travail.

Quand faut-il consulter, pas trop tôt ?

Il n’y a pas de « trop tôt » : plus on agit en amont, plus les options restent ouvertes, pour l’entreprise comme pour vous. Les signaux qui justifient de consulter : sommeil durablement cassé, évitement (courriers, appels), isolement complet, ou décisions repoussées depuis des semaines.

Et si l’entreprise devait fermer ?

Une liquidation est une épreuve majeure, et elle se survit. Le travail consiste alors à traverser le deuil de l’entreprise, à protéger ce qui compte (santé, famille, dignité) et à préparer le rebond : beaucoup de dirigeants se reconstruisent professionnellement après une fermeture. Ce que vous avez appris en dirigeant ne disparaît pas avec la structure.

J’ai des pensées sombres : que faire ?

Ne restez pas seul avec elles, même une nuit. Parlez-en à votre médecin, appelez le 3114 (prévention du suicide, 24 h/24) ou le 15 en cas d’urgence. Le dispositif APESA existe spécifiquement pour les chefs d’entreprise en détresse. Aucune situation économique ne vaut votre vie, et des solutions existent pour les deux.

Les séances se font-elles à Montargis ou à distance ?

Les deux. Nous recevons au cabinet, 39 avenue du Général de Gaulle à Montargis, et en téléconsultation, en France comme à l’international. La première séance, de 15 minutes, est offerte et sans engagement.

FF

Franck Fournier

coach professionnel · psychopraticien certifié

Ancien cadre et dirigeant pendant trente ans, il a traversé les conjonctures difficiles et sait ce qu’elles coûtent à celui qui porte. Psychopraticien certifié & coach professionnel, cofondateur de l’Institut Self Attitude à Montargis. Formé chez Symbiofi (approche fondée sur les preuves, CHU de Lille), à l’Institut Paul Pyronnet et à l’École Lionnel Calderini. En savoir plus →

CF

Cécile Fournier

coach professionnelle · psychopraticienne certifiée

Psychopraticienne certifiée, thérapeute & experte en ingénierie pédagogique, cofondatrice de l’Institut Self Attitude. Formée aux Sciences de l’Éducation, elle ancre ses accompagnements dans la psychoéducation, comprendre ce que le stress aigu fait au jugement pour en reprendre le contrôle. Formée chez Symbiofi (CHU de Lille), à l’Institut Paul Pyronnet et à l’AFPRA. En savoir plus →

Cet accompagnement ne se substitue pas à un avis ou à un traitement médical, ni à un conseil juridique, comptable ou financier. En cas de détresse aiguë, adressez-vous à un professionnel de santé ou aux services d’urgence (15, ou 3114 pour la prévention du suicide).

Et si vous commenciez par un simple échange ?

Si vous portez seul une entreprise qui tangue, parlons-en. Un premier échange, strictement confidentiel, aide à reprendre son souffle, et à voir les options.

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15 min offertes · sans engagement · Montargis ou visio

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