Par Franck Fournier & Cécile Fournier
· psychopraticiens certifiés · mis à jour le 9 juin 2026
« Je suis nul », « personne ne m’aime » : à l’adolescence, le regard sur soi peut devenir d’une dureté qui inquiète. Cet article aide les parents à comprendre comment se construisent l’estime et la confiance, pourquoi elles vacillent à cet âge, et comment accompagner un ado qui se dévalorise, sans le complimenter à vide, mais en l’aidant à se reconstruire. À Montargis ou en visio.

Ce que cet article vous aide à faire :
- Distinguer l’estime de soi de la confiance en soi.
- Comprendre d’où vient la voix critique qui le rabaisse.
- Aider votre ado à se reconstruire, sans flatterie creuse.
Si votre adolescent se dévalorise durablement, un premier échange de 15 minutes, gratuit et sans engagement, permet d’y voir plus clair, prendre rendez-vous.
Quand un ado ne s’aime plus
Il se trouve nul, moche, sans intérêt. Une mauvaise note, et c’est « je suis bête » ; un regard de travers, et c’est « tout le monde me déteste ». Il évite ce qui pourrait le mettre en valeur, comme s’il ne s’autorisait pas à réussir.
Vous le rassurez, vous le complimentez, et tout glisse. Pire : vos « mais si, tu es génial » semblent l’agacer, ou creuser l’écart entre ce que vous voyez et ce qu’il ressent.
L’adolescence malmène l’image de soi : le corps change, le regard des autres devient un juge permanent, et la comparaison, amplifiée par les réseaux, est constante. Une baisse d’estime à cet âge est fréquente. Mais quand la dévalorisation s’installe et envahit tout, elle mérite qu’on s’en occupe.
Deux mots qu’on confond souvent : l’estime de soi, c’est la valeur qu’on s’accorde (« est-ce que je vaux quelque chose ? ») ; la confiance en soi, c’est ce qu’on se croit capable de faire (« vais-je y arriver ? »). On peut être compétent et ne pas s’aimer, et l’inverse est vrai aussi.
On croit qu’il suffit de répéter à un ado qu’il est formidable pour qu’il le croie. Mais un compliment qui se heurte à une conviction profonde glisse comme l’eau sur une vitre. La voix qui lui dit « tu es nul » n’est pas la vérité sur lui : c’est une phrase apprise, entendue ou déduite quelque part, qu’il a fini par prendre pour la sienne. On ne reconstruit pas l’estime en la décrétant, on la reconstruit en vivant des expériences qui démentent, peu à peu, cette voix.
Imaginez votre ado capable de se tromper sans s’effondrer, de tenter sans se croire condamné d’avance. Cette solidité intérieure se construit, non par des compliments, mais par un travail patient sur le regard qu’il porte sur lui.
D’où vient la voix qui le rabaisse
Derrière les phrases dures que votre ado s’adresse, il y a une logique, et un besoin qui n’est pas comblé.
| Ce qu’il se dit | Ce qui se joue, et le besoin |
|---|---|
| « Je suis nul, je rate tout » | Une valeur suspendue aux seuls résultats, besoin d’exister autrement |
| « Tout le monde est mieux que moi » | La comparaison permanente, besoin de repères réalistes |
| « Je n’oserai jamais » | La peur de l’échec qui empêche d’essayer, besoin de petites réussites |
| Évitement, ne tente rien | Se protéger d’une confirmation redoutée, besoin de sécurité |
| Dureté constante, autocritique sévère | Une voix intérieure héritée, besoin d’apprendre à se parler autrement |
L’adolescence est le temps où se construit l’identité, les travaux fondateurs d’Erik Erikson sur le développement l’ont montré. Le regard sur soi y est en chantier, perméable au regard des autres, une période que l’OMS décrit comme déterminante pour la santé mentale et le bien-être à venir. C’est précisément parce que tout bouge qu’un accompagnement, à cet âge, peut poser des bases solides pour longtemps.
Notre façon d’accompagner : comprendre, démentir, consolider
On ne décrète pas l’estime de soi, on la reconstruit. Notre travail, qui s’appuie sur la thérapie des schémas et les approches comportementales, suit trois temps.
Repérer et interroger la voix critique. On aide l’adolescent à identifier ce qu’il se dit, et à comprendre que cette voix n’est pas la vérité, mais un automatisme. Le simple fait de la mettre à distance, « ça, c’est ma critique intérieure », desserre son emprise.
La démentir par l’expérience. La confiance ne se gagne pas en parlant, mais en faisant. On construit de petites réussites concrètes et atteignables, qui apportent à l’ado des preuves vécues, plus fortes que tous les compliments.
Consolider une valeur qui ne dépend pas de la performance. On l’aide à fonder son estime sur autre chose que ses notes ou son apparence, ses qualités, ses liens, ce qui compte pour lui, pour qu’un échec ne fasse plus vaciller toute sa valeur.
Pour illustrer ce cheminement, prenons l’exemple d’un adolescent que nous avons accompagné
Nathan, « je sers à rien »
Nathan a quatorze ans. Il se dévalorise sans cesse : « je suis nul », « je sers à rien ». Il n’ose plus lever la main en cours, refuse les invitations, et tout compliment de ses parents glisse sur lui. Ils ne savent plus quoi dire pour l’aider.
Quand Nathan vient me voir, je ne lui dis pas qu’il a tort. Je l’aide d’abord à entendre la voix qui le rabaisse, comme on écouterait quelqu’un d’autre. « Quand tu te dis « je suis nul », à qui ça te fait penser ? » Peu à peu, il réalise que cette phrase, il l’a entendue ailleurs avant de la faire sienne.
Nous cessons de chercher à le convaincre qu’il est formidable. À la place, nous construisons des preuves : un défi minuscule chaque semaine, répondre une fois en cours, accepter une sortie. Maladroitement, il le fait. Et chaque petite réussite fissure le « je suis nul » mieux que mille compliments.
Ses parents, eux, changent leur façon de valoriser : non plus « tu es génial » en bloc, mais « j’ai vu que tu as osé faire ça, c’était courageux ». Un retour précis et vrai vaut mieux qu’une flatterie générale, qu’il rejetait.
Nathan n’est pas devenu sûr de lui du jour au lendemain. Mais la voix critique a baissé d’un ton, et il a recommencé à oser. Il n’a pas appris à se trouver parfait : il a appris qu’il avait le droit d’exister, et de se tromper, sans cesser de valoir.
Situation représentative · prénoms et détails modifiés
Pour qui, et avec quelles limites
Le principe : on ne reconstruit pas l’estime par des compliments, mais en désarmant la voix critique et en accumulant des expériences qui la démentent. C’est ce qui rend la solidité intérieure durable.
Cet accompagnement convient à l’adolescent qui se dévalorise, n’ose plus, ou fait dépendre sa valeur de ses seuls résultats, et aux parents démunis face à cette autocritique. Il se mène à Montargis ou en téléconsultation.
Une réserve : quand la dévalorisation s’accompagne d’une tristesse profonde, d’un repli majeur ou d’idées noires, elle peut signaler une dépression, un avis médical s’impose alors (médecin, et sans attendre le 3114 en cas d’idées noires).
Un premier pas, ce soir. Renoncez au « mais si, tu es génial ». Préférez un retour précis sur quelque chose de réel : « J’ai remarqué comment tu as aidé ton frère tout à l’heure. » Un compliment concret et vrai touche, là où une flatterie générale rebondit.
Et si se tromper cessait d’être une catastrophe ?
Et si l’enjeu n’était pas que votre ado se trouve parfait, mais qu’il sache qu’il vaut quelque chose même quand il échoue ? Et si l’aider à se parler avec un peu de douceur était le plus beau cadeau pour toute sa vie ?
Comprendre la voix. La démentir. Consolider, pas à pas.
Questions fréquentes
Estime de soi et confiance en soi, est-ce la même chose ?
Non. L’estime de soi, c’est la valeur qu’on s’accorde ; la confiance en soi, c’est ce qu’on se croit capable de faire. On peut être compétent sans s’aimer, ou s’aimer sans se sentir capable. Les deux se travaillent, mais pas de la même façon.
Pourquoi mes compliments ne marchent pas ?
Parce qu’un compliment général se heurte à une conviction profonde et glisse. Ce qui aide, c’est un retour précis et vrai sur un comportement réel, et surtout des expériences vécues de réussite. Les preuves vécues pèsent plus que les mots.
Une baisse d’estime à l’adolescence, est-ce normal ?
Souvent, oui : le corps, le regard des autres et la comparaison bousculent l’image de soi. Cela devient préoccupant quand la dévalorisation s’installe, envahit tout, ou s’accompagne d’un mal-être profond. Dans ce cas, mieux vaut se faire aider.
Les réseaux sociaux jouent-ils un rôle ?
Souvent : la comparaison permanente à des images filtrées peut entamer l’estime. Aider l’ado à prendre du recul sur ce qu’il voit, et à fonder sa valeur ailleurs que dans les likes, fait partie du travail.
Comment l’aider à oser ?
Par de très petits pas, choisis avec lui, qui lui apportent des réussites concrètes. Chaque expérience positive dément un peu la peur de l’échec. On avance à son rythme, sans le pousser dans des situations qui le mettraient trop en difficulté.
Quand consulter ?
Quand l’autocritique est durable et sévère, bloque la vie sociale ou scolaire, ou s’accompagne de signes de mal-être profond. Et sans attendre en cas d’idées noires (médecin, 15, 3114). Un accompagnement aide à transformer le regard que l’ado porte sur lui.
Franck Fournier
psychopraticien certifié
Psychopraticien certifié & coach professionnel, cofondateur de l’Institut Self Attitude à Montargis. Il accompagne depuis huit ans adultes et adolescents, avec une attention particulière à l’estime de soi et à la confiance. Formé chez Symbiofi (approche fondée sur les preuves, CHU de Lille), à l’Institut Paul Pyronnet et à l’École Lionnel Calderini. En savoir plus →
Cécile Fournier
psychopraticienne certifiée
Psychopraticienne certifiée, thérapeute & experte en ingénierie pédagogique, cofondatrice de l’Institut Self Attitude. Formée aux Sciences de l’Éducation, elle ancre ses accompagnements dans la psychoéducation et l’attachement, comprendre comment se construit le regard sur soi. Formée chez Symbiofi (CHU de Lille), à l’Institut Paul Pyronnet et à l’AFPRA. En savoir plus →
Cet accompagnement ne se substitue pas à un avis ou à un traitement médical. En cas de détresse aiguë, adressez-vous à un professionnel de santé ou aux services d’urgence (15, ou 3114 pour la prévention du suicide).
Et si vous commenciez par un simple échange ?
Si votre ado se dévalorise et n’ose plus, parlons-en. Un premier échange aide à comprendre et à amorcer la reconstruction de son estime.
15 min offertes · sans engagement · Montargis ou visio
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