Difficultés sexuelles chez la femme : en parler sans tabou

Par Franck Fournier & Cécile Fournier · sexothérapeutes · psychopraticiens certifiés · mis à jour le 10 juin 2026

En bref

Baisse de désir, douleurs, blocages, difficulté à atteindre le plaisir : les difficultés sexuelles chez la femme sont fréquentes, et pourtant elles se vivent presque toujours en silence. Cet article explique ce qui se joue souvent derrière ces difficultés, pourquoi un avis médical compte quand il y a douleur, et comment la sexothérapie, qui repose uniquement sur la parole, aide à rouvrir, à votre rythme, ce qui s’est refermé.

Difficultés sexuelles chez la femme : Fauteuil clair près d'une fenêtre lumineuse avec plaid orange et tasse de thé, ambiance apaisante
  • Comprenez ce qui se cache souvent derrière un désir en veille ou une douleur.
  • Distinguez ce qui relève du médecin et ce qui se travaille par la parole.
  • Avancez vers une sexualité qui vous convient, sans norme imposée.

La porte que vous refermez sans bruit

Il est 22 h 30. La salle de bain est devenue votre dernier refuge : vous prolongez le démaquillage, vous relisez un message sans importance. De l’autre côté du couloir, votre partenaire est déjà couché.

Vous connaissez ce calcul silencieux. S’il tend la main, que dire ? Prétexter la fatigue, encore ? Vous vous glissez sous la couette en retenant votre souffle, et vous fixez le mur dans la pénombre.

Vous ne l’avez peut-être dit à personne. Ni à votre médecin, ni à vos amies, qui semblent, elles, ne jamais rencontrer ce problème, ni à lui. Le désir qui s’est éteint, la douleur qui surgit là où il devrait y avoir du plaisir, ce corps qui ne « répond » plus : tout cela vit dans un silence bien gardé.

À l’Institut Self Attitude, nous recevons chaque semaine des femmes qui prononcent ces mots pour la toute première fois. Ce qui nous frappe, c’est leur soulagement : la difficulté n’a pas disparu, mais elle a enfin le droit d’exister. Votre situation n’est ni rare, ni honteuse, ni définitive.

Il est temps de déconstruire la croyance qui vous enferme. Vous vous dites peut-être « je suis cassée », « c’est dans ma tête », ou « ça reviendra tout seul ». La réalité ressemble plutôt à ceci : une pièce de votre maison intérieure s’est fermée, souvent pour de bonnes raisons, une fatigue immense, une douleur, un événement de vie, une pression devenue trop lourde. Or une porte fermée n’est pas un mur. Elle se rouvre, doucement, quand on comprend ce qui l’a fait se refermer.

Pourquoi est-ce si difficile d’en parler ?

Parce que la sexualité féminine est prise dans un nœud d’injonctions contradictoires. Être désirable mais pas « demandeuse », épanouie mais discrète, spontanée mais disponible. Dans ce brouhaha d’attentes, la difficulté devient une faute supposée, alors qu’elle n’est qu’un signal.

Il y a aussi la peur de blesser l’autre, ou de découvrir « quelque chose de grave ». Beaucoup de femmes protègent leur partenaire de leur propre silence, et s’épuisent à jouer un confort qu’elles ne ressentent plus.

Rappelons un repère solide : l’Organisation mondiale de la santé définit la santé sexuelle comme un état de bien-être physique, émotionnel et social lié à la sexualité, pas comme une performance ni une fréquence à atteindre. Il n’existe aucune « norme » à laquelle vous devriez vous conformer ; il existe seulement ce qui vous convient, à vous.

Et c’est précisément pour cela que la parole compte : ce qui n’est pas dit reste enfermé dans la pièce close. En parler, à un médecin, à un thérapeute, à votre partenaire, c’est déjà entrouvrir la porte.

Que recouvrent les difficultés sexuelles chez la femme ?

Derrière l’expression générale se cachent des réalités très différentes, qui demandent des réponses différentes.

La baisse ou l’absence de désir. C’est le motif le plus fréquent. Le désir n’est pas un interrupteur : il fluctue avec la fatigue, le stress, l’histoire du couple, l’image de soi, les traitements, les étapes de la vie. Quand il s’éteint durablement et que cela vous pèse, cela se travaille.

Les douleurs : dyspareunie et vaginisme. Douleurs pendant ou après les rapports (dyspareunie), contraction involontaire qui rend la pénétration difficile ou impossible (vaginisme). Ici, une règle absolue : l’avis médical ou gynécologique vient d’abord. Une douleur a souvent une composante physique qu’il faut explorer ou traiter ; la sexothérapie travaille ensuite, en complément, la peur et l’appréhension qui s’installent autour de la douleur.

Les blocages. Une impossibilité d’aller vers l’intimité, un évitement qui s’organise, parfois un malaise ancien que le corps exprime à sa façon. Le blocage n’est pas un caprice : c’est une protection qui a eu son utilité, et qu’on peut comprendre avant de la desserrer.

La difficulté à atteindre le plaisir. Un plaisir qui ne vient pas, ou plus, malgré l’envie. La pression du résultat, la sienne, celle du partenaire, transforme alors chaque moment d’intimité en examen, ce qui éloigne encore le plaisir.

La difficulté vécueCe que vous vous dites souventCe qui se joue souvent
Désir en veille« Je n’aime plus mon partenaire » ou « je suis anormale ».Fatigue, charge mentale, pression de « devoir » avoir envie, histoire du couple.
Douleurs (dyspareunie, vaginisme)« C’est dans ma tête, je dois serrer les dents. »Cause physique possible (à explorer avec un médecin) + peur d’avoir mal qui verrouille le corps.
Plaisir difficile à atteindre« Je suis bloquée, ça ne marchera jamais. »Pression du résultat, méconnaissance de ce qui vous convient, difficulté à lâcher le contrôle.
Évitement de l’intimité« Je le fais souffrir, je suis une mauvaise compagne. »Protection installée après des expériences douloureuses ou un événement de vie non digéré.

La charge mentale éteint-elle le désir ?

Très souvent, oui. Le désir a besoin d’un espace mental disponible : difficile de le laisser émerger quand le cerveau tient à jour la liste des courses, le rendez-vous chez le pédiatre et la lessive à relancer.

Beaucoup de femmes décrivent ce paradoxe : elles aiment leur partenaire, mais leur tête ne « débranche » jamais. La pièce ne s’est pas fermée par désamour, elle s’est fermée parce qu’elle était devenue une annexe du bureau et de la maison. Rouvrir cette pièce demande d’abord de la désencombrer.

Comment la sexothérapie peut-elle vous aider, concrètement ?

Précisons d’abord le cadre, car c’est lui qui rassure : une sexothérapie repose uniquement sur la parole. On parle, assis, habillés. Il n’y a jamais d’examen, jamais de nudité, jamais de contact physique. La confidentialité est absolue.

À l’Institut Self Attitude, nous sommes deux sexothérapeutes, une femme et un homme : vous choisissez librement la voix avec laquelle vous vous sentez le plus à l’aise, Cécile, Franck, ou les deux. La séance est à 60 € de l’heure, au cabinet de Montargis ou en visio. Notre façon de travailler est détaillée sur la page sexothérapie à Montargis.

Le cheminement suit trois mouvements.

1

Poser les mots. Vous racontez ce que vous vivez, à votre rythme, avec vos mots. Il n’y a ni interrogatoire ni détail imposé : vous gardez la main sur ce que vous dites. Pour beaucoup de femmes, formuler la difficulté à voix haute, pour la première fois, est déjà un déverrouillage.

Ce que cela change : la difficulté cesse d’être un secret honteux pour devenir un sujet de travail, nommé et délimité.

2

Comprendre ce qui a fermé la porte. Fatigue, douleur, accouchement, événement de vie, éducation reçue, pression de « devoir » avoir envie : nous remontons ensemble le fil. Si une douleur ou une cause physique est possible, nous vous orientons vers un médecin ou un gynécologue, les deux dimensions se complètent.

Ce que cela change : vous cessez de vous accuser, parce que la difficulté a désormais une histoire et des causes identifiables.

3

Rouvrir, à votre rythme. Des pistes concrètes, décidées avec vous et expérimentées chez vous, dans votre intimité, jamais en séance. L’objectif n’est pas de retrouver une sexualité « conforme », mais de redéfinir celle qui vous convient : la vôtre, à votre tempo, sans norme de fréquence ni modèle imposé.

Ce que cela change : l’intimité redevient un choix, et non plus une épreuve à éviter ou à subir.

Pour illustrer ce cheminement, prenons l’exemple d’une personne que nous avons accompagnée

Étude de cas

Élise, 38 ans, quand la douleur a éteint le désir

Élise, 38 ans, deux enfants, a choisi de parler avec Cécile, c’est avec une femme qu’elle se sentait capable de commencer.

À la première séance, elle s’excuse presque d’être là : « C’est sûrement rien, je vous fais perdre votre temps. »

Depuis son deuxième accouchement, les rapports sont douloureux. Alors le désir s’est éteint, qui aurait envie d’avoir mal ? Elle a tenu trois ans en serrant les dents, puis en évitant, puis en s’endormant avant son mari.

Pour ma part, Cécile, la première chose que je fais n’est pas thérapeutique, elle est médicale : je m’assure qu’Élise a consulté. Ce n’était pas le cas, la honte, toujours. Elle voit sa gynécologue, qui identifie une cicatrice sensible et propose un traitement local et quelques séances de rééducation.

Le corps est pris en charge. Mais la peur, elle, est restée : trois ans de douleur ont appris à Élise que l’intimité égale danger. Son corps se ferme par anticipation, avant même tout contact. C’est exactement là que la parole travaille.

Séance après séance, nous démontons la mécanique : la peur d’avoir mal, la culpabilité envers son mari, et cette croyance apprise, « une bonne épouse ne refuse pas ». Élise découvre qu’elle n’a jamais formulé une seule demande sur ce qui lui ferait du bien, à elle.

Le tournant arrive quand elle ose en parler à son mari, une conversation préparée en séance, choisie par elle. Elle découvre qu’il s’imaginait rejeté, alors qu’elle se croyait défaillante. Deux silences qui se faisaient face.

La suite n’a rien d’un miracle : des moments d’intimité réinventés, choisis et non subis, où la pénétration n’est plus l’unique mesure de réussite. La porte de la pièce n’est pas grande ouverte tous les jours. Mais elle n’est plus verrouillée, et c’est Élise qui en tient la poignée.

Situation représentative · prénoms et détails modifiés.

Cet accompagnement est-il fait pour vous ?

Pour qui ? Pour les femmes dont une difficulté sexuelle dure, pèse ou fait souffrir, qu’elles soient en couple ou non, qu’elles viennent seules ou non. Pour celles qui n’ont jamais osé en parler, et qui veulent un cadre où le faire sans jugement, sans voyeurisme, sans pression.

Pour qui ce n’est pas ? La sexothérapie ne remplace jamais un avis médical : en cas de douleurs ou de symptôme physique, le médecin ou le gynécologue vient d’abord, nous travaillons ensuite en complément. Et en cas de violences ou de rapports imposés au sein du couple, la priorité absolue est votre sécurité, pas le travail sur la sexualité.

Votre premier pas, ce soir

Ne tentez rien de grand. Prenez une feuille, isolez-vous cinq minutes, et écrivez trois phrases : ce que je vis exactement, depuis quand, et ce que j’aimerais retrouver.

Puis lisez-les à voix basse. C’est peut-être la première fois que cette difficulté existe ailleurs que dans votre tête. C’est exactement ainsi que les portes commencent à se rouvrir.

Et si cette porte n’était pas condamnée ?

Et si votre désir n’était pas mort, mais simplement enfermé sous la fatigue, la douleur ou la pression ? Et si la femme « cassée » que vous croyez être n’était qu’une femme qui n’a jamais eu d’espace sûr pour dire ce qu’elle vit ?

En parler ne vous engage à rien, ni à tout raconter, ni à tout changer. Cela ouvre simplement une pièce restée fermée trop longtemps. Comprendre. Apaiser. Choisir à nouveau.

FAQ : vos questions sur les difficultés sexuelles féminines

Mes difficultés sexuelles sont-elles « dans ma tête » ?

Cette formule culpabilisante est à bannir. Une difficulté sexuelle a presque toujours plusieurs fils : parfois une composante physique (à explorer avec un médecin), souvent une composante émotionnelle et relationnelle (fatigue, peur, histoire personnelle, pression). Aucun de ces fils n’est imaginaire, et chacun se travaille.

Douleurs pendant les rapports : qui consulter en premier ?

Toujours un médecin ou un gynécologue d’abord. Dyspareunie et vaginisme peuvent avoir des causes physiques qu’il faut explorer ou traiter. La sexothérapie intervient ensuite, en complément, pour travailler la peur de la douleur et l’évitement qui se sont installés, souvent les deux dimensions avancent en parallèle.

Comment se passe une séance ? Y a-t-il un examen ?

Jamais. Une sexothérapie repose uniquement sur la parole : on parle, assis, habillés, dans un cadre strictement confidentiel. Il n’y a ni examen, ni nudité, ni contact physique, seulement un entretien, et parfois des pistes à expérimenter chez vous, en toute autonomie.

Existe-t-il une fréquence « normale » de rapports ?

Non. Il n’existe aucune norme de fréquence, de pratique ou de désir à laquelle vous devriez vous mesurer. Le seul repère qui compte : est-ce que votre sexualité, telle qu’elle est, vous convient et convient à votre couple ? Si elle vous fait souffrir, c’est cela, et uniquement cela, qui justifie d’en parler.

Puis-je consulter seule, sans mon partenaire ?

Bien sûr. Beaucoup de femmes commencent seules, notamment quand la difficulté touche à leur histoire ou à leur rapport au corps. Si le lien de couple est au cœur du sujet, un travail à deux peut être proposé ensuite, mais rien n’est jamais imposé. Vous choisissez aussi votre interlocuteur : Cécile, Franck, ou les deux.

Combien coûte une séance de sexothérapie ?

La séance est à 60 € de l’heure, au cabinet de Montargis ou en téléconsultation. Le premier échange de 15 minutes est offert et sans engagement : il sert à poser vos questions et à vérifier que le cadre vous convient, en toute confidentialité.

Qui sommes-nous pour en parler ?

L’Institut Self Attitude, à Montargis (Loiret) et en téléconsultation, accueille ces sujets dans un cadre confidentiel, respectueux et sans voyeurisme. Nous sommes tous deux formés à la sexothérapie, et notre binôme femme-homme vous laisse choisir la voix avec laquelle vous êtes à l’aise.

FF

Franck Fournier

sexothérapeute · psychopraticien certifié

Coach professionnel et ancien dirigeant pendant trente ans, il connaît le poids des pressions silencieuses et des sujets qu’on n’ose aborder nulle part. Il reçoit adultes et couples avec une attention particulière aux profils hypersensibles. Formé chez Symbiofi (approche fondée sur les preuves, CHU de Lille), à l’Institut Paul Pyronnet et à l’École Lionnel Calderini. En savoir plus →

CF

Cécile Fournier

sexothérapeute · psychopraticienne certifiée

Sexothérapeute et experte en ingénierie pédagogique (formée aux Sciences de l’Éducation), elle ancre l’accompagnement dans la psychoéducation : comprendre ses mécanismes pour redevenir actrice de sa vie intime. Formée chez Symbiofi (CHU de Lille), à l’Institut Paul Pyronnet et à l’AFPRA. En savoir plus →

Cet accompagnement ne se substitue pas à un avis ou à un traitement médical. En cas de détresse aiguë, adressez-vous à un professionnel de santé ou aux services d’urgence.

Et si vous le disiez, enfin, à quelqu’un ?

Un premier échange confidentiel, sans jugement et sans engagement, pour poser vos questions et vérifier que notre cadre vous convient. Vous choisissez votre interlocuteur, Cécile, Franck, ou les deux.

Prendre rendez-vous →

15 min offertes · sans engagement · Montargis ou visio

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